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Bar rayé - Opération Renaissance

La réintroduction du bar rayé dans le fleuve Saint-Laurent est un des projets fauniques les plus ambitieux à avoir été réalisés au Québec. Ce projet a permis de sensibiliser et rallier un grand nombre de personnes à la cause de la protection de la biodiversité du fleuve Saint-Laurent. Il a également démontré le fort esprit conservationniste des chasseurs et des pêcheurs.  L’ Opération renaissance  fait partie des événements qui contribuent à redonner une plus grande accessibilité des communautés au fleuve.

 

Le bar rayé est un poisson anadrome que l’on retrouvait en abondance dans le fleuve Saint-Laurent au début du XXe siècle. Sa chaire blanche et délicieuse était particulièrement convoitée par les pêcheurs commerciaux, alors que sa grande combativité faisait le bonheur des pêcheurs sportifs. La plus grosse prise connue au Québec est de 11 kg. Dès 1955, les captures se raréfièrent pour finalement disparaître complètement des pêcheries commerciales en 1965, puis de la pêche sportive peu de temps après. En novembre 2004, le Comité pour la sauvegarde des espèces en péril au Canada (COSEPAC) du gouvernement fédéral désigna le bar comme « espèce disparue du pays ».

 

Cette disparition, la seule qui se soit produite pour une espèce piscicole dans le fleuve Saint-Laurent, a été attribuée à un concours exceptionnel de conditions défavorables. Ces causes ont été difficiles à cerner. Cependant, en analysant les données d’époque conservées par le gouvernement, monsieur Jean Robitaille, biologiste, a tout de même pu déduire que le dragage du fleuve aux fins de la circulation maritime, a concentré la population de bars dans un secteur où ils ont subi une surexploitation par les pêches commerciale et sportive, jusqu’à l’extermination.

 

Vers la fin des années 1990, constatant que la santé du fleuve s’était améliorée et que les facteurs ayant causé la disparition du bar pouvaient être contrôlés, des membres de la FédéCP ainsi que monsieur Robitaille ont commencé à réfléchir à l’idée de réintroduire le bar rayé. Cette idée a fait son chemin, et le projet a été soumis pour évaluation à un comité consultatif gouvernemental qui, en juin 2001, a émis un avis recommandant la réalisation du projet et déposé un plan d’action, dont le cœur était une stratégie d’ensemencements de bars élevés en pisciculture à partir de géniteurs provenant de la rivière Miramichi.

 

En 2002, la première démarche du plan d’action mis en œuvre par la FédéCP consistait en une tournée de rencontres d’information sur l’Opération Renaissance afin d’obtenir l’appui des communautés riveraines. Par la suite, le programme d'ensemencements a été mis en branle et 2 185 jeunes bars  de l’année ont été capturés dans la rivière Miramichi. De ce nombre, près de 1 000 ont été ensemencés à la hauteur de Saint-Jean-Port-Joli, une région offrant des conditions idéales de température et de salinité. Les autres ont été acheminés vers la pisciculture de Baldwin-Mills afin de servir de géniteurs pour la production éventuelle.

 

L’année 2003 a été marquée par l’arrivée de la Fondation Hydro-Québec pour l’environnement. Elle a alors fourni une importante contribution financière de 530 000 $ pour la mise à niveau des installations de la pisciculture de Baldwin-Mills dont la production a servi à la production de millions de larves de bars qui ont été introduites dans le fleuve, ainsi qu’à la croissance de quelques milliers de bars adultes qui y ont aussi été déposés. À ce jour, quelque 34 millions de larves, 17 000 juvéniles et environ 3 500 bars adultes ont été libérés dans le fleuve. C’est à partir de ces poissons que la population actuelle s’est reconstituée.

 

Rapidement après le début des ensemencements, des pêcheurs ont commencé à attraper des bars. Les prises sont rapidement passées à quelques dizaines, malgré le nombre limité de bars qui avaient été ensemencés. Dès 2005, des affiches de sensibilisation ont été installées le long du corridor fluvial afin d’informer les pêcheurs sportifs et commerciaux que le bar était protégé et qu’il était obligatoire de remettre à l’eau toutes prises accidentelles. Ce sont la FédéCP, son réseau de bénévoles et plusieurs organisations, particulièrement les comités zip,  qui ont procédé à l’installation de ces affiches. Le programme Interactions communautaire du gouvernement fédéral a été un partenaire majeur de ce projet.

 

Parallèlement aux actions de la FédéCP, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec mettait sur pied en 2004 un réseau de suivi principalement basé sur la participation de pêcheurs commerciaux et d’inventaires fauniques. Ce réseau a permis de démontrer la croissance rapide de la population. 

 

Finalement, une autre étape importante a été franchie en 2009, alors que Pêches et Océans Canada, en vertu de la Loi sur les espèces en péril, s’est engagé dans la mise sur pied d’un programme de rétablissement auquel adhèrent les gouvernements ainsi que divers organismes. Ce Programme de rétablissement du bar rayé (Morone saxatilis), population de l’estuaire du Saint-Laurent, publié en 2011,prévoit les actions qui doivent être réalisées afin d’assurer la réussite de projet de rétablissement.

 

Finalement, la décision de réintroduire le bar rayé dans le fleuve Saint-Laurent s’est avérée très fructueuse! En effet, la reproduction naturelle du bar a été confirmée à l’automne 2008 par le gouvernement. Depuis les débuts du projet, les mentions de prises se sont multipliées et les bilans de captures dressés chaque année par le gouvernement sont tout à fait réjouissants. De plus, deux sites de fraye ont jusqu’à maintenant été identifiés, à Montmagny et à Rivière-Ouelle. La dernière étape est à l’horizon, celle de permettre aux pêcheurs sportifs de pêcher le bar rayé dans le fleuve Saint-Laurent, un des plus beaux sites de pêche qui soient.

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