LA FÉDÉRATION

28 février 2017

Restrictions sévères de l'utilisation des poissons appâts: une décision qui aura de lourdes conséquences sur la pêche sportive

Québec, le 28 février 2017 - Il sera dorénavant interdit d’utiliser des poissons appâts morts l’été et vivants l’hiver à la pêche sportive. Cette décision a été annoncée ce matin par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) en conférence de presse. Pour la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (FédéCP), qui suit le dossier de près depuis ses débuts et qui a récemment multiplié les actions pour tenter d’éviter que cette mesure injustifiée ne soit mise en place, cela démontre que le ministère s’éloigne de plus en plus de ses clientèles. D’ailleurs, un récent sondage effectué par le MFFP a démontré que seulement 26 % des 2760 pêcheurs consultés se positionnaient « indifférents » ou « pour » l’abolition des poissons appâts.

 

Suivant la décision d’interdire les poissons appâts vivants en été, survenue en 2013 et qui avait alors obtenu l’appui de la FédéCP, cette nouvelle réglementation a comme objectif de prémunir le Québec contre une théorique dispersion de maladies et d’espèces aquatiques envahissantes (EAE) dans les cours d’eau du Québec. Jusqu’à maintenant, les arguments avancés par le MFFP pour expliquer cette éventualité ne sont pas suffisamment convaincants en regard de l’éventail de vecteurs de propagation autres que la pêche sportive et des pertes économiques qu’elle engendrerait. En outre, aucune information scientifique sur le calcul de risque ne supporte formellement que de nouvelles restrictions réglementaires ne prémuniraient davantage les écosystèmes contre la propagation des maladies et des EAE; on se sert de la détection de la présence de la carpe de roseau dans le fleuve Saint-Laurent pour justifier ce que le ministère cherchait à mettre en place depuis des années.

 

Est-ce que l’interdiction d’utiliser des poissons appâts contribuera vraiment à éviter la dispersion des EAE ? Le fleuve St-Laurent et ses tributaires constituent un vaste système ouvert où les espèces, y compris les pathogènes, peuvent circuler librement ; les maladies susceptibles d’affecter les poissons du Québec pourraient vraisemblablement se propager naturellement des Grands Lacs vers le fleuve Saint-Laurent ou d’autres cours d’eau du Québec par l’intermédiaire de poissons en migration affectés. Quant aux EAE, d’autres vecteurs que la pêche sportive tels que les oiseaux, la navigation de plaisance, le transport maritime et de nombreux sports nautiques peuvent aussi les propager.

 

Mélanger les dossiers, semer la confusion

Bien que la Fédération soit satisfaite des mesures préventives annoncées par le MFFP en ce qui a trait à la lutte contre la carpe asiatique, une véritable menace pour nos cours d’eau, la Fédération déplore le fait que le ministère ait choisi de joindre en conférence de presse ce dossier inquiétant avec celui des poissons appâts. Cela ne fait qu’alimenter une crainte non fondée auprès du public qui, par manque d’information, pourrait associer directement l’utilisation des poissons appâts à l’arrivée d’espèces envahissantes comme la carpe asiatique.

 

Un ministère qui s’éloigne de plus en plus de ses clientèles

Pour la FédéCP, interdire l’utilisation de poissons appâts est une action vaine qui ne fera qu’activer la désaffectation des pêcheurs sportifs québécois et des non-résidents, alors que 55 000 permis de pêche de moins ont été vendus depuis les deux dernières années. Sans compter les 22 000 pêcheurs qui ont préféré se procurer un permis de trois jours plutôt qu’un permis annuel. Une chute historique, ressentie au lendemain de l’augmentation substantielle du prix des permis en 2015 (42%).

 

Les pertes économiques que cette nouvelle restriction engendrera seront désastreuses pour de nombreux intervenants du secteur; les pêcheurs commerciaux de poissons appâts et les revendeurs, les non-résidents, la relève qui est présente dans les grands plans d’eau environnant la région de Montréal, etc. Pour la Fédération, cette décision maladroite est prise alors que tout devrait être mis en œuvre afin de stimuler la relève et fidéliser les clientèles de pêcheurs sportifs.


La FédéCP vous invite à exprimer à votre député votre désaccord face à cette nouvelle réglementation injustifiée. La FédéCP a préparé à cet effet une lettre type facile à utiliser. Rendez-vous sur notre site Internet (www.fedecp.com – section documentation) où vous n’avez qu’à la télécharger, la signer, inscrire vos coordonnées et la poster à votre député.

 

Deux pétitions complémentaires sont également en cours sur le site Internet de l’Assemblée nationale, nous vous invitons à cliquer sur les liens suivants pour les signer.

 

Maintien de la règlementation relative à l'usage des poissons appâts pour la pêche sportive en été
https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-6567/index.html


Maintien de la règlementation en vigueur relativement à la pêche aux poissons appâts vivants
https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-6499/index.html

 

La Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (www.fedecp.com) est un organisme sans but lucratif qui représente 125 000 membres. Depuis 1946, sa mission est de contribuer, dans le respect de la faune et de ses habitats, à la gestion, au développement et à la perpétuation de la chasse et de la pêche comme activités traditionnelles, patrimoniales et sportives.


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Source :

Stéphanie Vadnais
Conseillère en communication
Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs
Tél. : (418) 878-8901 / 1 888 LAFAUNE
@ : stephanievadnais@fedecp.com

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