LA FÉDÉRATION

5 octobre 2020

Un territoire public interdit à des milliers de Québécois(es) et d’entreprises; Le Premier Ministre se doit d’intervenir pour assurer une vraie démocratie

Lettre ouverte
Un territoire public interdit à des milliers de Québécois(es) et d’entreprises ;
Le Premier Ministre se doit d’intervenir pour assurer une vraie démocratie

 

Saint-Augustin-de-Desmaures, le 5 octobre 2020

 

Monsieur le Premier Ministre,

 

La présente lettre est la troisième que nous vous transmettons en deux semaines concernant la pénible et inacceptable situation qui prévaut dans les environs de la réserve faunique La Vérendrye.

 

Depuis plus de trois semaines, les chemins forestiers de cette zone sont interdits d’accès par des barrages érigés par des membres de communautés algonquines. Les chasseurs, pêcheurs, propriétaires de camps privés ou de pourvoiries ne peuvent circuler librement et se rendre à leurs chalets, camps ou territoires de chasse ou de pêche. Les droits de chasser, de pêcher et de circuler sur les terres du domaine de l’État, droits consacrés par les lois du Québec, ne peuvent actuellement être exercés librement par des milliers de citoyens du Québec.

 

Le 24 septembre, votre bureau nous avisait que le dossier ne relevait pas de votre responsabilité ni de celle de la ministre de la Sécurité publique, mais bien de celle du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP). Nous constatons avec inquiétude que, malgré les efforts louables et soutenus du ministre Pierre Dufour, la situation ne s’est pas améliorée, au contraire. Le cœur du litige va bien au-delà d’une question d’ordre faunique, qui par ailleurs peut assurément se résoudre par d’autres moyens qu’une fermeture ou une diminution de la chasse. Soulignons que la proportion des orignaux prélevés par les chasseurs sportifs québécois non autochtones dans la réserve faunique La Vérendrye ne représente que 3,8 % de la population totale (autour de 90 orignaux prélevés par année de 2015 à 2019, sur une population estimée à 2 400 orignaux suite à l’inventaire aérien de l’hiver dernier). Nous réitérons que la population d’orignaux n’est pas en situation précaire, et que de nombreuses mesures ont été mises en place par le MFFP et la Sépaq pour favoriser la conservation et assurer la pérennité de la ressource sur le territoire. Les pourvoiries maintiennent de leur côté une population d’orignaux en santé qui leur permet d’exercer leurs activités de manière durable depuis des décennies.

 

Le gouvernement ne peut laisser dégénérer une telle situation dans une démocratie où les gestes illégaux se doivent d’être sanctionnés. Cette situation ne doit en aucun cas permettre de créer des précédents qui seraient utilisés par d’autres communautés. Cette façon de négocier est illégale et déplorable.

C’est pourquoi nous vous demandons des actions immédiates, à nouveau, afin de régler ce conflit. Des pertes financières majeures sont déjà subies et d’autres sont à venir en cas d’impasse. Mais il y a aussi cette interdiction de passage qui va carrément à l’encontre des droits des citoyens et qui cause de véritables cas de détresse psychologique et d’insécurité. Le conflit engendre un climat de tension qui continue de s’envenimer et qui n’est plus soutenable.

 

Nos organisations espèrent et veulent que des négociations soient faites dans le respect mutuel de nos nations, dans cette situation en particulier, mais aussi dans les futures négociations avec les communautés autochtones. Une négociation ne doit cependant pas se dérouler à l’aide de barricades et il est inadmissible que des personnes soient – littéralement – prises en otages dans un tel processus.

 

En terminant, nous vous demandons à nouveau d’impérativement prendre les moyens nécessaires pour :

 

  • garantir dès maintenant le passage libre et sécuritaire des chasseurs et autres utilisateurs désirant accéder au territoire ;
  • assurer l’exercice paisible du droit de chasser, pêcher et piéger comme prévu à la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune.

 

 

Organisations signataires :

 

Marc Plourde, Président directeur général, Fédération des pourvoiries du Québec (FPQ)

Marc Renaud, Président, Fédération québécoise des chasseurs pêcheurs (FédéCP)
Normand Fiset, Président, Fédération québécoise pour le Saumon Atlantique (FQSA)
Lucien Gravel, Président, Fédération des Trappeurs Gestionnaires du Québec (FTGQ)
Michel Dorval, Président, Regroupement des locataires de terres publiques du Québec (RLTP)
Jacques Smith, Président, Réseau Zec

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